Publié le 2 décembre 2022

Tous vers une hyper-communication artificielle ?

Depuis un certain temps, je reçois de plus en plus de propositions voire une certaine forme d’injonction à communiquer sur les réseaux sociaux avec comme arguments « vous devez communiquer quotidiennement pour garder vos abonnés » ou encore « plus vous communiquerez, plus cela aura un impact sur votre business ».

 

Désirant en savoir plus, par peur de mal ou peu faire sur le sujet, j’ai commencé à m’interroger et regarder ce qui se fait sur LE réseau social professionnel « LinkedIn ». J’y ai vu, certes de plus en plus de communications, tantôt bien soignées mais bien souvent U-BU-ESQUES. La dernière en date, une photo sur laquelle on vous invite à y trouver 6 petits chats avec le message suivant « tapote l’écran si tu en vois 6 » suivi de l’hashtag « intelligence collective ». Mais alors, où est donc Charlie ? Trêve de galéjades, curieux de nature, je me suis demandé ce que ce post pouvait bien faire là et surtout pourquoi avait-il autant de succès ? Il faut dire que 65 000 interactions lors du dernier décompte, vous fait réfléchir ? Le rêve pour tout communicant, non !?

Photo représentant des personnes connectées à leur smartphone

Photo by Camilo Jimenez on Unsplash

 

Ce qui m’a poussé à réagir et créer un article sur la question de l’hyper-communication artificielle, concerne le but premier de ce genre de post ; celui de créer de l’engagement et de la visibilité, la preuve, ça marche, je l’ai vu. Des entrepreneurs experts en communication me l’ont bien évidemment expliqué et pourront sans nul doute mieux en parler que moi. Plus vous avez de like, plus vous aurez de chance d’être vu, mieux ce sera pour votre business. Et quoi de mieux que des petits chats pour vous y amener.

 

On peut alors bien évidement comprendre que pour son auteur (ou re-copieur d’idée, ce post ayant été partagé un nombre incalculable de fois), le pari de créer de la visibilité est gagné, même si celle-ci reste artificiel. LA question suivante se pose : quelle peut être l’efficacité d’un magnifique et surréaliste taux de clic en rapport à l’impact même que celui-ci peut avoir sur le business (l’engagement). Pas certain que 65 000 likes sur une photo de 6 petits chats puissent rapporter ne serait-ce qu’1 seul euro à son auteur (ou re-copieur). Où est donc passé l’expérience utilisateur et la plus-value du contenu sur le sujet initialement proposé en rapport à cette photo, en l’occurrence l’intelligence collective ? Je cherche encore…en attendant je passe mon chemin et je bloque systématiquement ce genre de contenu ainsi que leurs auteurs sur mon fil d’actualités. Pourquoi ?

 

Injonction à communiquer

Le problème est que ce genre de post prolifère, poussé par une injonction de plus en plus forte à communiquer et dicté aussi par les algorithmes des réseaux sociaux. Nous consommons de plus en plus de contenus, surtout visuels. On parle même de phénomène d’hyper-communication. Une myriade d’études en atteste, notre temps passé sur les réseaux sociaux ne cesse de croître, augmentant au passage notre charge cognitive. Très souvent, cela se fait à notre propre détriment et à mauvais escient ; qui n’a jamais déroulé (scroller en anglais) un fil d’actualité d’un réseau social ne cherchant rien de particulier et parfois s’arrête sur une photo de 6 petits chats ? CQFD.

 

Alors, comment enrayer ce cercle vicieux au-delà du fait de devoir bloquer ce genre de contenu. Ne serait-il pas pertinent de communiquer qualitativement plutôt que quantitativement, de vendre à nos clients et nos prospects notre expertise, de partager une expérience utilisateur, de montrer notre plus-value par rapport à la concurrence plutôt que de chercher du clic et de l’engagement à tout prix et pourrir ainsi les fils d’actualités des réseaux sociaux professionnels de contenus non pertinents ? Le risque, pour nos communications à tous, pourrait être le même que celui des publicités présentes à outrance et non pertinentes sur les sites web ou à la télévision. Le fameux « JE zappe », du fait de la charge cognitive que ces communications non pertinentes représentent.

 

Pour conclure, je reprendrai une phrase que mon professeur de théâtre me répétait à bon escient « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi. ». Ce qui est intéressant, au-delà même du sens premier de cette phrase, c’est l’interprétation et la transposition qu’on pourrait en faire en l’appliquant à l’univers de la communication sur les réseaux sociaux.

 

 

Petite précision : à noter que je n’ai rien contre nos amis les chats, bien au contraire.

Chat mignon

Photo by Elodie Oudot on Unsplash

 

 

 

Article rédigé par David Mazure

 


 

Comment pouvons-nous vous aider sur le sujet ?

Vous pouvez suivre notre formation « Développer ses qualités relationnelles » où vous serez capable de vous adapter en fonction des individus, d’utiliser des techniques de communication efficaces pour vous faire entendre et comprendre, à bon escient.